bell hooks (Gloria Jean Watkins) est aussi importante pour comprendre le féminisme nord américain qu'Angela Davis et Betty Friedan.
De la première, elle participe de la même mouvance : le féminisme intersectionnel traitant des liens entre race, classe et genre.
De la seconde, elle renie l'héritage car elle le trouve trop étriqué et égocentré.
Car bell hooks a ses biais. Elle nie le droit aux "bourgeoises blanches" de parler aux noms des femmes noires.
Elle s'inscrit également dans un mouvement anticapitaliste (du moins dans ce qu'il a de libéral aux Etas-Unis). Là aussi, "les bourgeoises blanches" ne sont représentatives des appétences des classes sociales les moins valorisées (en terme de salaire et de reconnaissance).
Pour autant, elle invite ses "sœurs" à une convergence pour une rebellion de masse.
Contrairement à d'autres courants, elle accepte également volontiers la participation des hommes qui ne doivent pas être perçus comme des ennemis, pour peu qu'ils rejettent les bases du patriarcat actuel.
Ainsi bell hooks propose un féminisme qui passe de la radicalité révolutionnaire à l'ouverture aux hommes, de la culpabilisation des féministes blanches à la sororité collective.
Finalement, un positionnement très complémentaire à Angela Davis qui traite elle aussi du "féminisme noir". Angela Davis évoque les faits historiques (Femmes, race et classe), bell brooks travaille la rhétorique et les concepts féministes.
Bref une lecture passionnante pour comprendre :
- la souffrance des minorités raciales qui cumulent les handicaps (race, classe et genre)
- les luttes internes qui écartèlent les différentes mouvances du féminisme.