De sang froid, Truman Capote, Gallimard (traduit par Raymond Girard)
15 novembre 1959, Holcomb, fin fond du Kansas, quatre membres d’une famille de fermiers plutôt aisée, les Clutter, le père, la mère, le fils et la plus jeune fille, sont retrouvés ligotés et assassinés. Truman Capote, écrivain en vue, pourtant peu versé dans le roman noir ou le "true crime" qui n’est pas encore un genre littéraire, se rend sur place, et, contrairement aux journalistes qui quittent le coin dès que l’affaire a moins d’intérêt, reste sur place et rencontre les habitants.
Sous titré "Récit véridique d’un meurtre multiple et de ses conséquences", ce livre, même 65 ans après les faits et 60 ans après sa parution –Capote attendra la fin du procès des meurtriers- est passionnant et se lit très vite, surtout dans ses 3 premières parties. La première, intitulée "Les derniers à les avoir vus en vie" est une étude fine des victimes, de leurs amis et connaissances, des habitants de Holcomb, des relations entre eux, de la vie de cette petite ville, du poids de la religion. Elle installe aussi les deux futurs meurtriers Dick Hickock et Jerry Smith, le premier hâbleur et le second taiseux, l’un blond et l’autre brun, très différents et qui pourtant forment une paire soudée pour le pire.
Les deux parties suivantes, "Personnes inconnues" et "Réponse" évoquent l’enquête, l’implication d’Alvin Dewey l’enquêteur en chef, le peu d’indices et le travail de fourmi pour comprendre ce qui s’est passé cette nuit-là. La dernière, "Le coin" s’intéresse davantage aux meurtriers dans le couloir de la mort.
Le travail fourni par Capote est impressionnant, il entre dans les détails de la vie dans ce coin du Kansas, dans la tête des principaux intervenants. Ce qui donne, semble-t-il, une idée assez précise de ce qui s’est passé. Il y a longtemps que je tournais autour de ce livre, il a fallu qu’Arte diffuse un reportage sur Truman Capote pour que je franchisse le pas. Reste maintenant à visionner le film tiré de ce récit.