L'insoutenable perversité de l'être

Un tueur en série terrorise la ville. Des étudiants nihilistes jouent aux apprentis terroristes et font sauter un centre de loisirs. Mais tout ceci n'est que la façade, l'apparence d'un roman subjugué par le Mal, ceux qui le font et ceux qui le subissent, ce par quoi il s'insinue et se propage. Débâcle, de l'espagnol Ricardo Menendez Salmon, explore les angoisses du monde moderne dans un faux roman noir et policier qui se contrefiche de ses intrigues pour se concentrer sur la perversité ou les angoisses de ses personnages dans un climat glauque et délétère. Divisé en trois parties distinctes qui communiquent entre elles, Débâcle ne convainc absolument pas par son récit mais impressionne par son style qu'il est bien délicat de qualifier. La beauté y côtoie la laideur, les moments tendres ne peuvent faire oublier l'insoutenable réalisme de certaines scènes. Sous prétexte de montrer toutes les facettes du mal, Menendez Salmon se complait parfois dans des descriptions scabreuses. Brièvement, mais tout de même. A travers ce roman aux accents sadiens, l'auteur délivre un message ambigu mais féroce contre la société de consommation. Pour le reste, on ne supputer quelles sont ses intentions les plus profondes. Mais si son but est de créer un malaise persistant, il est atteint. Cela ne fait pas de doute.

Cinephile-doux
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le 5 janv. 2017

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