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le 7 sept. 2012
SuivreJ'ai mal à la tête
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Au début, je me suis demandé si le texte n’invitait pas à une lecture ironique dans laquelle on pourrait critiquer la subjectivité imposée de Sinclair, personnage à certains moments franchement ridicule et méprisable par sa misanthropie abjecte, afin d’en entendre, en creux, un message plus convaincant, critique de ce genre de comportements individualistes et véritablement nuisibles. Mais la fin du livre empêche bien ce genre de double lecture. Le texte s’achève par une glorification de la guerre : la narration reconnaît bien que les soldats ne réalisent pas l’acte de tuer pour lui-même, mais plutôt en ce qu’il peut tenir de l’accomplissement d’une idée supérieure qui pousse à oublier l’homme qui se tient en face, et cependant ne le remet jamais en cause (cf. Bismarck et Napoléon cités comme des exemples ?).
Sinclair se croit plus intelligent que tout le monde en prônant un pseudo-amoralisme, qui se fonde pourtant sur une vision bien trop manichéenne : le monde bourgeois propre et bon, l’enfer sale du mal populaire. L’idée d’Abraxas, le dieu démon, est intéressante, mais échoue à produire une réflexion véritablement pertinente alors qu’elle repose sur une perception finalement moraliste des hommes. Sans parler de l’homosexualité, que le récit tente de traiter comme un thème subversif, mais sans concrètement l’assumer, donc encore bien trop dans ce qui est « moral » et communément admis.
Et malgré sa volonté de s’extraire des conceptions de bien et de mal, le livre se veut tout de même bien pensant en parlant « d’humanité », mais une humanité toujours définie par le texte comme un groupe restreint d’êtres élus, excluant le « troupeau » qui n’est littéralement pas considéré comme « homme ». Cela devient presque une théorie xénophobe qui s’oppose à ce qui serait décadent, ou dégénéré par la société industrielle.
Bref, un livre qui prône le rejet de l’autre pour le repli sur soi et l’accomplissement de sa propre « destinée », elle-seule permettrait de transcender l’humanité. Le livre montre alors l’échec même de son idéologie dans sa réalisation par la guerre : le nationalisme qui place bien une idée (la nation) au-dessus des hommes, ne peut mener l’homme qu’à s’entretuer.
Créée
le 25 mai 2026
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