« Dimanche » (1958) est le 145e roman (sur 192), écrit, à 55 ans, par Georges Simenon (1903-1989) à Echandens (Canton de Vaud en Suisse). C’est le 80e des romans durs (sans Maigret). Il a fait l’objet d’une adaptation télévisée allemande (1985) par le Slovaque Stanislav Barabáš (1924-1994). Sur un sujet relevant du fait divers sordide et maintes fois décrit en littérature et au cinéma, Simenon adopte le principe d’Alfred Hitchcock qui privilégie le suspense à la surprise : rapidement, il indique qu’Emile Fayolle, originaire de Luçon (Vendée) va accomplir une décision, un dimanche de mai, prise un an auparavant, sans en indiquer la nature. Pour susciter l’intérêt du lecteur, et expliquer le comportement d’Emile, il a recours, comme au cinéma, à des flash-backs, sur le parcours professionnel et sentimental d’Emile, cuisinier et propriétaire, avec sa femme Berthe, née Harnaud, de l’auberge La Bastide près de Mandelieu-La Napoule (jouxtant Cannes, dans les Alpes-Maritimes). Comme souvent, il décrit un couple où il n’y a pas d’amour. Ce couple fait penser, en moins violent et moins caustique, à « La poison » (1951) de Sacha Guitry, qui est, plus une critique sociale que celle du couple. Cela évoque aussi « Thérèse Raquin » (1867) d’Emile Zola (1840-1902), « Thérèse Desqueyroux » (1927) de François Mauriac (1885-1970) ou « Le facteur sonne toujours deux fois » (1934) de James Cain (1892-1977), mais où c’est le mari qui est gênant. L’histoire ainsi que le cheminement psychologique d’Emile, sont mis en place à la façon d’un puzzle qui devient peu à peu visible et compréhensible par le lecteur.