Donc je découvre l'univers de Guilbert et son personnage Hugo Boloren par son premier polar "Douve".
Douve est le dernier village au bout d'une route entourée de forêts humides de sapins, où la brume ne se lève presque jamais.
Douve à la guigne, c'est un village qui traîne deux histoires de violences, des nazis morts dans la forêt, traqués et tués par les villageois; puis des décennies plus tard, une histoire sordide d'un islandais qui aurait empoisonné sa femme et ses enfants. Cette histoire sordide est en fait au cœur de l'intrigue de ce polar bien ficelé.
En suivant Boloren, flic un peu désabusé qui a un lien personnel avec ce village, on découvre Douve, ses habitants, sa forêt inquiétante.
Les codes du polar sont présents ce qui rend le récit pas forcément hyper innovant, mais le rythme dans l'ensemble est bien soutenu. Le parallèle avec l'enquête vécu 20 ans plus tôt distillé tout du long donne du relief à l'enquête menée officieusement.
Boloren n'est pas un personnage très profond, pour une raison que j'ignore, le flic principal d'un polar a souvent les mêmes attraits: désabusé, taciturne, avec un penchant pour l'alcool.
Mais au delà de ça on se laisse bien porter par l'intrigue, on a du mal à poser le livre, les personnages sont présents et présentés de manière équilibrées ainsi que le village qui deviendrait presque un personnage à lui seul. L'atmosphère humide, pluvieux, gris est très palpable et on est loin de se douter du dénouement.
Un bon livre d'hiver à lire près du feu.