6
le 28 mai 2023
SuivreProcès d'intentions
Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...
La lettre à Helga date de 2013, pour sa traduction française. Un livre magnifique, inoubliable pour toutes les âmes romantiques. Depuis, aucune nouvelle de son auteur, Bergsveinn Birgisson, ne nous était parvenu jusqu'à ce que l'éditeur Gaïa ait la bonne idée de nous offrir son tout premier roman, paru à l'origine en 2003. Bien sûr, Du temps qu'il fait n'a pas la même vibration émotionnelle que La lettre à Helga mais il est loin d'être dépourvu de qualités. Ici, dans un fjord perdu du nord de l'Islande, la météo est la première préoccupation pour les pêcheurs du coin, à commencer par Halldor, qui rédige à sa manière les faits et gestes des solitaires du coin, privés de présence féminine. Une partie de pêche qui tourne mal, un prêche halluciné du pasteur (bien allumé, celui-ci), le passage d'un poète dépressif, la quête obstinée d'une aide ménagère : la vie s'écoule toujours au rythme du temps qu'il fait et de festins à base de poisson faisandé et de graisse de phoque. Tour à tour truculent, mélancolique et élégiaque, le livre rappelle par certains côtés les fameux racontars de Jorn Riel, voire les romans de Paasilinna. Halldor, pusillanime par nature, navigue à vue dans une existence qui ne le satisfait pas, où il accumule les déboires sentimentaux, mais qu'il n'échangerait pour rien au monde avec celle, individualiste et capitaliste, des gens de Reykjavík. Il y a dans Du temps qu'il fait un éloge des valeurs de solidarité qui ont fait l'âme de l'Islande et qui disparaissent peu à peu au profit de l'argent-roi. Une thématique que l'on retrouve aussi chez Indridason, comme un parfum nostalgique d'un temps dépassé que Birgisson sait parfaitement accommoder de poésie et d'humour.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Mes livres de 2020
Créée
le 8 sept. 2020
Critique lue 142 fois
6
le 28 mai 2023
SuivreDepuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...
8
le 25 août 2021
SuivreIl est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...
8
le 25 sept. 2021
SuivreEnfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème