Deuxième lecture d’Échenoz pour moi après 14, que j’avais beaucoup apprécié pour son style singulier. Ici, on retrouve cette patte, mais dans un registre encore plus déroutant. Envoyée spéciale est un véritable ovni littéraire, entre humour noir burlesque et parodie de roman d’espionnage, avec une narration bavarde qui n’hésite pas à casser le quatrième mur.
C’est typiquement le genre de livre qu’on aime ou qu’on déteste. Je lui reconnais des qualités indéniables : un style percutant, une ironie glaciale, des digressions savoureuses qui nous font voyager. Mais il faut accepter ce ton très particulier, proche d’un humour anglo-saxon pince-sans-rire, où tout n’est pas drôle et où la distance est constante.
Ce n’est pas un roman d’espionnage classique, c’est une parodie assumée, un jeu avec les codes et les attentes. On y trouve plus de virtuosité stylistique que de tension dramatique, et c’est là que réside son charme autant que sa limite.