Il n’est jamais vain de revenir à L’Odyssée. L’ayant lue il y a déjà un moment, je n’en conservais finalement que quelques grands épisodes. La lecture d’Ulysse de Joyce plus tôt cette année m’avait déjà quelque peu remis Homère en tête, même si les liens restent souvent indirects. La sortie récente du film de Christopher Nolan fournit donc un bon prétexte pour se replonger plus concrètement dans cette œuvre fondatrice.
Dans L’Odyssée de l’Odyssée, Christophe Ono-dit-Biot reprend le poème chant après chant, mais ne se contente jamais de le résumer. Il explique comment l’œuvre nous est parvenue, replace les personnages, les dieux, les rites et les coutumes dans leur contexte et revient sur tous ces détails qu’une première lecture laisse facilement échapper. Il donne également ses propres clés d’interprétation, remonte le fil des mythes et crée constamment des passerelles avec notre époque, de l’intelligence artificielle des bateaux des Phéaciens au fantasme d’immortalité proposé par Calypso.
C’est surtout la grande force du livre : être érudit sans jamais devenir pesant. Ono-dit-Biot se comporte davantage comme un passeur passionné que comme un professeur, avec une pédagogie simple et vivante qui permet d’apprendre énormément autour du texte sans perdre le plaisir du récit. Il restitue aussi à L’Odyssée sa complexité, bien loin des quelques images d’Épinal que nous en avons souvent conservées.
L’ouvrage donne donc immédiatement envie de retourner à Homère. Pour celui qui ne connaît pas encore L’Odyssée, c’est également une excellente porte d’entrée pour comprendre ses personnages, son monde et surtout pourquoi une œuvre fixée par écrit il y a près de trois millénaires continue à nous parler avec une telle évidence.