Le livre est épais, j'ai été amusée du trait qu'il "n'a d'épaisseur que son nombre de pages".
Je ne peux pas dire comme d'autres que c'est creux ou rempli de détails abscons.
La découverte de ce monde, qui serait le nôtre s'il y avait consensus global pour changer de paradigme, promettait d'être fascinante.
C'est une écriture pompeuse : subjonctifs, écriture inclusive... Dans un monde qui s'est débarrassé de tant de choses, le subjonctif ?
Et puis, aucune envie d'y vivre, malgré les descriptions détaillées des espaces urbains et ruraux. Parfois très inventifs.
J'ai mis du temps à finir ce livre, une corvée au fur et à mesure, mais je me la suis imposée.
Pour aller jusqu'au bout de sa vision. Son suivi d'une vie entière !!!
Tout à fait impossible de m'attacher au héros. Il m'indispose, il me répugne même parfois.
Quand il en vient à s'attacher à trois personnes pour un quatuor de polyamour, là j'ai un peu vibré, cela m'a touché, et juste par une résonnance à mon histoire personnelle.
Il y a tant d'analyse des modes d'organisation, si fouillée, que c'est épuisant : je suis admirative et tout à la fois rebutée par cet esprit obsessionnel. Donner tant de menus détails ne rend pas son monde plus réel et appréhendable. Là encore, une impression de fatras encombrant.
Le pire pour moi vous semblera sans doute bien trivial : Les noms propres, j'ai détesté les lire et imaginer leur son : Umo / Gob !!! Comme si l'auteur avait volontairement choisi des mots repoussants pour montrer qu'après tout c'est sans importance. Or, cela en a pour moi.
Et le pire du pire pour moi, je ne l'ai vu que peu relevé : alcool et cannabis omniprésents.
Pourquoi ? Si une société est reconstruite sur de nouveaux idéaux, permet de vivre ce qui n'est pour nous qu'utopie, pour permettre l'épanouissement des hommes et le respect de tout (espaces, nature, habitants, vie au sens large), pourquoi ce besoin ? qu'il s'agisse de festivités, de vie quotidienne, de vie au travail... Les repas sont quasi toujours arrosés et l'herbe circule dans tous les espaces. Et pas modérément : ces habitants semblent immunisés à tout effet pervers de ces usages. Parfois un peu de gueule de bois ou de flottement, mais bienvenus comme faisant partie des attentes. Pourquoi ces usages pour atteindre un ailleurs, émotionnel, relationnel, un... échappatoire ?? d'un monde quasi idéal ?
J'ai cherché ce qui était dit de cela dans les commentaires, mais c'est juste mentionné en passant, sans soulever d'interrogation. C'est, au final, ce qui m'a le plus questionné dans cet ouvrage. Le terme d'ouvrage, d'oeuvre, de symphonie même (le thème musical soutend tout le récit), s'impose. Et de par ma butée sur ces deux écueils, je n'ai pas pu l'admirer, l'estimer.