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le 20 févr. 2011
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"Fictions" se présente à moi avec une réputation impressionnante, mes éclaireurs, personnes avisées, vouent à ce livre un culte sans partage, aussi, c'est avec pas mal de déception que je suis obligé...
Généralement, quand je cale sur un livre, c’est qu’il n’est pas bon. Là, j’ai calé pour une toute autre raison.
J’attendais avec une vraie excitation d’entrer dans ce recueil qui a inspiré ; excusez du peu ; l’œuvre de Christopher Nolan. Et effectivement, on y retrouve des échos familiers : la bibliothèque dans laquelle le héros d’Interstellar se trouve coincé renvoie évidemment à La Bibliothèque de Babel, et la trame du Jardin aux sentiers qui bifurquent rappelle celle d’Inception.
Mais si Nolan s’empare des jeux intellectuels de Borges pour en faire du cinéma, lire Borges lui-même s’avère… aride. Si vous aimez suivre une intrigue, des personnages, une montée dramatique, ce n’est pas ici que vous les trouverez. Borges invente ses propres règles : il crée un décor, des généalogies, une temporalité inédite, une érudition parfois fausse qui déstabilise le lecteur. On ne sait plus si ce qu’on lit relève du réel, du mythe ou du canular.
En vérité, Borges n’écrivait pas des histoires, il construisait des expériences de pensée. Peut-on rêver quand on est déjà dans un rêve ? Que devient une réalité entièrement fictive ? Ces questions me fascinent, sans doute parce que j’aime la science et la spéculation. Mais je m’étais trompé sur le titre Fictions, et sur le lien supposé avec Nolan : je m’attendais à un récit, j’ai trouvé un labyrinthe.
Lire Borges, je crois, demande une certaine préparation. Il faut entrer par une autre porte — celle des sciences, de la philosophie ou de la SF pure ; et ne pas attendre une narration classique. C’est une œuvre exigeante, presque hermétique, qui suppose une vraie érudition.
Je vais donc le remettre de côté et y revenir plus tard, nouvelle par nouvelle, sans me presser. Car je sens bien que ce que Borges propose est intellectuellement riche et exceptionnel… mais qu’il me faut reculer pour mieux sauter.
Créée
le 8 nov. 2025
Critique lue 9 fois
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le 20 févr. 2011
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