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Procès d'intentions
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L'inventaire des rêves de Chimamanda Ngozi Adichie et Fleurs de nuit de Peace Adzo Medie possèdent de nombreux points communs. À commencer par l'amitié féminine, soumise à des fluctuations, la corruption et le chaos du pays natal (Nigeria et Ghana, même combat), les fausses illusions du rêve américain, le racisme, le poids de la famille, la toxicité masculine, etc. La première écrivaine citée a sans doute un style littéraire bien plus affirmé que la seconde, mais Fleurs de nuit possède une vraie puissance de feu et une densité romanesque bien affirmée. Cette histoire de deux cousines, nées le même jour au cœur du Ghana, ne manque pas de rebondissements et surprend joliment à mi-parcours quand elle donne la parole à la deuxième héroïne, autorisant ainsi un nouveau regard sur un passé commun, détaillé auparavant, en suivant l'autre protagoniste. Le roman contient un grand nombre d'épisodes marquants, le combat de l'une d'entre elles, alors restauratrice, contre un ministre dépravé, en constituant une sorte d'acmé. Fleurs de nuit n'est pas qu'un #MeToo africain, il est aussi l'expression et la recherche d'identité d'une nouvelle génération de femmes d'origine africaine, qui n'hésite pas à ruer dans les brancards et à faire face vaillamment aux traditions, à la famille, aux hommes, aux préjugés et au vice. Certes, rétorquera-t-on, il ne s'agit pas, comme d'ailleurs dans L'inventaire des rêves, de femmes nées dans la pauvreté et dont l'ascension sociale est tout simplement impossible, mais l'émancipation et le rejet de coutumes iniques, trop longtemps en place, ont bel et bien commencé et la littérature s'en fait logiquement le miroir, avec l'émotion auxiliaire qu'elle ne manque pas de charrier, dans des romans aussi chargés de sentiments que Fleurs de nuit.
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Créée
le 12 oct. 2025
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