Ce thriller psychologique nous plonge dans la tête de Yujin, de ce fait nous ressentons une certaine compassion pour lui malgré qu’il s’avère être dangereux. Mais, avec ce qu’il nous conte sur sa mère et sur sa tante qui est pédopsychiatre et qui lui a prescrit des médicaments, on se met à douter si ce ne sont pas elles qui le manipulent.
Plus on avance dans la lecture, plus on apprend sur la psychologie de Yujin et sur son passé car il y a seize ans, il y a eu un drame dans sa famille qui a ainsi brisé le lien entre sa mère et lui. Yujin lui-même a dû mal à se remémorer s’il y est pour quelque chose ou pas.
Et aujourd’hui encore, à son réveil dans l’odeur du sang, il ne se souvient pas de ce qui a pu réellement se produire pour qu’il retrouve sa mère assassinée. C’est à ses côtés et au fil de ses souvenirs, que l’on va connaître la vérité.
Pour ne pas vous gâcher l’envie de lire ce livre, je vous en dévoile pas plus sur l’histoire car on va de révélations en révélations et, l’autrice arrive avec brio à nous faire sans cesse osciller entre empathie et antipathie envers Yujin.
Pour conclure, j’ai beaucoup aimé ce thriller où la précision psychologique est très réussie. Bref, une fois la lecture commencée, il en est difficile de faire des pauses.
« Si on se mettait à tuer sa mère à la moindre prise de bec, peu de mères survivraient à leurs fils. »
« Dans ce monde, on trouve toutes sortes de gens. Chacun fait tout et n’importe quoi de sa vie. Et quelques-uns deviennent des meurtriers. Par accident, pas colère ou par jeu. Je crois que cela fait partie de la vie et de l’homme. »
« Je pense que si on ne choisit pas toujours la solution la plus raisonnable, c’est parce qu’elle n’est pas pratique. »
« Quand on besoin de certitude, la façon la plus sûre est de vérifier de ses propres yeux. »
« Quand on a franchi une certaine ligne qu’il ne fallait pas franchir, il n’y a plus de retour possible. Il n’y a rien qu’on puisse faire non plus. Sinon continuer de marcher dans cet air hivernal, brumeux et gris. »
« J’ai lu quelque part dans un livre. Qu’il y a trois façons de vivre en mettant à distance la peur de mourir. La première, c’est de refouler. Vivre comme si la mort n’existait pas, en oubliant qu’elle s’approche. La plupart d’entre nous vivent ainsi. La deuxième, c’est de vivre avec la mort en y pensant à chaque instant. La vie devient un don du Ciel si tu te dis qu’aujourd’hui est le dernier jour de ta vie. Et la troisième, c’est d’accepter. Ceux qui acceptent complètement la mort n’ont peur de rien. Même dans les pires moments, dans la pire des situations, ils ne perdent pas leur calme olympien. Tu sais le point commun entre ces trois façons de voir les choses ?
– Elles sont toutes les trois des mensonges. Des moyens de dissimuler sa peur. »