À Thessalonique, Nikos et Gioconda s’aiment à la folie. Adolescents au cœur de la seconde guerre mondiale, dans une région occupée par les allemands, ils vivent dans leur bulle, alors même que la mort s’invite partout autour d’eux. Leur relation, d’abord platonique devient peu à peu incandescente. Une osmose parfaite, brisée le jour où Gioconda et les siens sont déportés à Auschwitz, dont aucun ne reviendra.
Une histoire charnelle, de joie et de souffrance, d’amour et de mort. Une histoire universelle, de mémoire et d’oubli. Une petite histoire balayée par la Grande, où l’innocence de l’enfance se fracasse sur la folie du monde des adultes. Nikos Kokantzis prévient dès la première phrase : « Ceci est une histoire vraie ». Les mots sont parfois crus pour dire l’amour tendre et fusionnel d’adolescents découvrant le désir et le plaisir dans un monde en ruine. Il décrit aussi bien les étapes de son initiation à la sensualité que le déchirement de la séparation et le souvenir toujours présent de cette tragédie ayant emporté sa bienaimée. Sans chercher à dramatiser à outrance, tout en dignité et en émotion contenue, dans une langue alliant simplicité et sincérité. Un livre hommage à Gioconda, partie trop tôt et que jamais il n’oubliera.
NB : coup de chapeau à la qualité de cette réédition 2025 dans un grand format cartonné où le texte est magnifié par les splendides illustrations d’Anne Defréville.