C'est un pur plaisir ce livre, quel chef-d'œuvre !
C'est la meilleure alternative au voyage au bout de la nuit si on ne veut pas un pavé de 460 pages plutôt lent.
Parce que j'ai lu un peu Voyage au bout de la nuit, c'est très bien mais je voulais plus court, et j'ai trouvé Guerre.
C'est pas un livre qui va faire le simple boulot de parler de la guerre avec un langage typique, non, lui il va mélanger et il va réussir à inventer des mots, il va fouiller dans le fin fond de l'argot pour trouver les mots les plus classes, les plus compliqués avec des courtes phrases.
Il va surtout décrire d'une manière formidable ses acouphènes qui sont tellement forts qu'il dit que la guerre est enfermée dans sa tête, et dans l'ombre il y a quelque chose de physique qui se sent à l'intérieur de nous.
Ce roman est vraiment sans limite, il ne demande pas la permission et c'est même d'ailleurs à nous d'essayer de reconstituer quelques phrases qui sont illisibles dans le manuscrit car Céline écrivait illisiblement.
Il se fait branler plusieurs fois et embrasser intensément par la médecine L'Espinasse, les personnages sont tellement bons, c'est tellement plaisant...
Et tu as le pote de Ferdinand (Céline) qui s'appelle carrément Bébert au début et s'appelle Cascade dans la deuxième partie mais s'appelle en réalité Julien Boisson, on ressent le manuscrit avec des hésitations des prénoms sur quasiment tous les personnages.
Ce personnage, il est sans limite, il est cynique à fond.
Il pince dans le gras des fesses carrément et il se met à insulter un peu tout le monde et surtout Angèle, sa femme prostituée.
C'est d'ailleurs ma scène préférée, la scène où il se met à insulter Angèle et va carrément jusqu'à chanter une musique comme un fou pour emmerder profondément Angèle !
À la fin il se passe quelque chose et après Ferdinand, nihiliste qu'il a l'air, se met à faire l'amour avec Angèle et goûter sa cyprine qu'elle a prise dans sa poignée, juste après une enculade avec un écossais costaud.
Là on est sur du haut niveau de violence et d'humour noir, c'est tout ce qu'il fallait.