Cet avis ne traite que de "Hérodias", ayant lu les autres contes antérieurement.
Gustave Flaubert, dans une période de sa vie où il fut tourneboulé par les répercussions du procès de "Madame Bovary" et échaudé par un souffle de défaveur auprès du public, a écrit ses "Trois contes" dont "Hérodias". Les trois sont à caractère spirituel mais ce dernier est encore plus marqué et frappant dans celui-ci puisqu'il s'agit d'une plongée chatoyante et dramatique dans un tableau historique et biblique : la décapitation de Jean-le-Baptiste.
Seconde épouse de son oncle Hérode Antipas, connu justement pour cette célèbre décapitation, Hérodias est une princesse juive ambitieuse et manipulatrice, allégorie de ce que la tragédie antique peut offrir de mieux en termes de dominatrices. Et justement, Gustave Flaubert a structuré son récit en trois parties équivalentes à trois actes de tragédie. Les descriptions sont détaillées et flamboyantes, créant une atmosphère orientale dépaysante et envoûtante.
Hérodias (ou Hérodiade) et sa fille Salomé sont des figures féminines qui ont très largement inspiré les artistes, poètes, écrivains, dramaturges, cinéastes ou encore musiciens. Aussi fascinantes que dénoncées pour leurs actes, elles feraient sans aucun doute aujourd'hui figure d'héroïnes.