Hitler, tome 1
8.4
Hitler, tome 1

livre de Ian Kershaw (1999)

Durant les derniers jours de son règne, Hitler se préoccupait beaucoup de quelle image il laisserait de lui à la postérité. Il n'aurait pas du s'inquiéter autant. Grâce à ses obsessions racistes et son extrémisme, il est désormais devenu le symbole du mal, la figure emblématique de ce que l'humanité peut donner de pire.

Cette biographie de Ian Kershaw d'un peu plus de 1100 pages, version condensée de deux volumes qu'il avait précédemment signé, est un bon moyen de découvrir plus en détail le parcours du dictateur.
Kershaw suit celui-ci chronologiquement, de sa jeunesse en Autriche à son passage dans les tranchées de la 1e guerre mondiale, de son engagement politique à Munich jusqu'à son arrivée à la chancellerie, de ses premiers triomphes diplomatique et militaires jusqu'à sa chute inéluctable.

L'historien fournit un gros travail de mise en contexte et prend soin de ne pas se plonger (voir même démonter) dans les thèses les plus farfelues qui entourent la personnalité d'Hitler. Il n'empêche que riche d'un énorme matériel sur le sujet, il dresse un portrait particulièrement vivant de l'homme : Branleur à moitié désœuvré qui rêve de gloire et trouve sa vocation d'agitateur sur le tard pour ensuite s'intoxiquer de son pseudo-génie et se laisser dévorer par ses obsessions guerrières et raciales.
Bien qu'il s'en tienne la plupart du temps aux faits, Kershaw se laisse parfois aller à démonter certaines thèses autour de la responsabilité et des décisions de Hitler. S'il démontre ainsi que le dictateur ne mit pas personnellement en action la solution finale, il souligne bien son rôle central de par ses discours et la nature du système qu'il avait mis en place. Inversement, tout en critiquant la manière dont il conduisit la guerre en Russie, il pointe également les manquements du Haut commandement Allemand dans ce domaine.

Seuls reproches, Kershaw présente parfois comme des faits certaines actions faisant encore l'objet de disputes d'historien acharnés. Il aurait été plus judicieux qu'il précise quand c'est le cas, d'autant plus qu'il lui arrive de le faire sur certains d'entre eux.

Ce défaut mis à part, la biographie demeure un énorme travail de grande qualité.
Palplathune
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le 17 janv. 2012

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