Hôtel Adlon, Philip Kerr, Le masque (traduit par Philippe Bonnet)
Berlin, 1934, Bernie Gunther n’est plus policier, ses sympathies envers la République de Weimar et son aversion pour les nazis l’ont contraint à démissionner. Il est détective à l’hôtel Adlon. Un mort suspect dans l’établissement, puis celle d’un boxeur juif retrouvé dans le canal et l’arrivée d’une journaliste étasunienne qui veut écrire un article sur les prochains jeux olympiques de Berlin pour inciter son pays au boycott vont occuper les journées de Bernie.
On ne le refait pas Bernie : dès qu’il y a embrouille, si possible bien glauque et si investiguer dessus l’oblige à se confronter aux nazis et à la pègre local et internationale, eh bien, il fonce. Il fouine, furète, accompagne la jolie journaliste qui, elle-même, prend des risques. Tout cela alors que Hitler arrive au pouvoir et que l’idée d’une prochaine guerre entre dans les cerveaux. Mais alors que certains –dont Bernie- tentent de résister aux idées nazies, à la dictature qui s’installe, qui sont justes des personnes tolérantes aux idées, aux croyances, aux origines et aux orientations des autres, l’idée la race aryenne et la chasses aux juifs croissent.
Comme dans les autres tomes de la série, suivre les aventures de Bernie Gunther est un vrai plaisir qui ne tombe jamais, même si ce livre est assez volumineux. Un aller-retour Nantes-Paris en train permet de l’avancer tant, pris par les galères du détective, ses amours, la description des mœurs de l’époque, des magouilles politico-mafieuses et ses pensées et réparties sarcastiques, ironiques et très drôles, le temps file vite.