Pour les physiocrates, la terre est le moteur ultime de l'économie et de production de richesses. Près de 2 siècles et demi plus tard, inclinons nous devant ces visionnaires.
La thèse de Koenig est la suivante : les physiocrates avaient raison et notre ère verra se livrer la bataille du sol, de l'humus (qui ne date pas d'hier, du Larzac aux luttes contre l'implantation des data centers ou des mega-bassines.), tout est là, sous nos pieds.
Cette thèse fait la force du bouquin, elle donne un récit sur documenté, politiquement passionnant voire jouissif. On sent que ce gars prend un réel plaisir à décrire les clivages (avec toutes les nuances possibles) et les maux de notre temps, qui sont, on le voit bien, de deux principales composantes pour Koenig : les femmes et l'Administration (qui forment sans doute pour lui une seule et même entité).
Pour autant, cet objet littéraire se retrouve massacré dans les dernières pages, ce qui m'interroge sur la réelle intention de Koenig : un nihilisme désabusé ? (la révolte qui tourne au chaos et qui échoue) ou un clientélisme littéraire ? (pour attirer le plus grand nombre de lecteurs), ces pages sont tout à fait consternantes.
C'en est pas moins un très bon livre politique, qui pose les bonnes questions et fourni une analyse balzacienne de ces dernières années.