Lu sur recommandation d’une libraire, Ilaria est un texte qui marque profondément.
Tout passe par le regard de cette petite fille de 8 ans. Elle voit tout, ressent tout, mais ne comprend pas tout. Et c’est précisément ce qui rend le récit aussi troublant. On vit cette fuite avec elle, dans une forme de “Bonnie and Clyde” entre un père et sa fille, mais avec un décalage constant entre ce qui se passe réellement et ce qu’elle en perçoit.
Ce qui reste surtout, c’est cette impression terrible : comme si on lui volait deux ans de sa vie. Deux ans loin de sa mère, loin de sa sœur, à un âge où tout se construit. C’est à la fois triste et profondément dérangeant.
Et puis il y a les adultes autour. Ceux qui voient, qui comprennent, mais qui n’agissent pas vraiment. Cette forme de complicité passive est peut-être ce qui m’a le plus marqué. Personne ne fait vraiment ce qu’il faudrait faire.
Le style, très simple en apparence, accompagne parfaitement ce point de vue d’enfant. On avance dans ce voyage sans filtre, sans surexplication, ce qui rend l’ensemble encore plus fort.
Un 9/10, sans hésiter.
Mais pas 10, sans doute parce que je n’ai pas envie de croire que cette histoire puisse être vraie. En tant que père, avec une fille du même âge, c’est difficile de ne pas imaginer ce que cela représente. Et ça rend le texte encore plus dur.