Ilium est un roman brillant, excessif, érudit et surtout incroyablement original. Dan Simmons déborde d’idées et mélange Homère, Shakespeare, Proust, science-fiction, intelligence artificielle et transhumanisme avec une ambition assez folle.
J’ai quand même eu un peu de mal à entrer dedans. Le nombre de personnages est parfois déconcertant au début, particulièrement dans toute la partie mythologique. Mais je pense que cela tient aussi beaucoup à moi : je suis assez réfractaire à cette tranche de la littérature et les Achille, Hector, Agamemnon et compagnie ne sont clairement pas mon terrain préféré!
Passé ce cap, en revanche, c’est remarquablement écrit et surtout extrêmement visuel. Simmons réussit à créer des scènes que l’on voit littéralement se dérouler devant soi. L’univers est immense, étrange, parfois complètement vertigineux, mais incroyablement vivant. On peut lui reprocher quelques longueurs et une certaine tendance à vouloir mettre énormément de choses dans son roman. Mais certainement pas de manquer d’imagination. C’est même exactement l’inverse : il y en a presque trop.
Et c’est finalement ce que j’ai aimé dans Ilium : cette impression d’un auteur qui aurait mélangé toute sa bibliothèque avec toute son imagination scientifique (la base scientifique est réelle), juste pour voir jusqu’où il pouvait aller.
Ce n’est pas parfait. Mais c’est brillant, généreux et assez unique. Et surtout, une fois terminé, ça reste en tête.