J'avais pour projet de terminer la lecture de cette quadrilogie. Mais ça m'a pris du temps (suffit d'aller jeter un oeil sur la date de sortie de ma critique du tome 2...)
BREF
De quoi parle Instinct ? Eh bien il nous place dans la peau de 2 personnages : celui de Shan, une jeune femme atypique et amnésique, ainsi qu'un célèbre personnage de la saga que je ne nommerai pas.
Shan se réveille en Allemagne, manifestement après un passage à tabac, et parfaitement amnésique. Elle prend rapidement conscience qu'elle est capable de se diriger partout sans se perdre, et va révéler des aptitudes particulièrement bluffantes au combat. Mais bon sang, mais qui est-elle ?
Le second personnage est constitué prisonnier dans un coin paumé, où il fait très froid. Ses geôliers le maintiennent fermement en vie. Comment est-il arrivé, et comment peut-il en réchapper ?
Ces deux fils rouges, bien qu'apparemment décousus,sont plus que liés, et fondent une grosse partie de la trame de ce livre ; les 400 pages très denses s'avalent plutôt vite, et aboutissent sur quelque chose de complètement démesuré et délirant (mais dérangeant) (cela dit est-ce vraiment besoin de la préciser).
On retrouvera des protagonistes des précédentes aventures : Daza et toute sa clique (Chopelle et autres), Andréas, Clara, etc., qui ont tous une histoire plus ou moins importante pour le récit, et dont ces histoires sont éparpillées dans divers segments... Sans compter ceux qui frustrent, parce qu'ils ne semblent pas apporter grand-chose à l'histoire, ou alors parce que le personnage est stupide...
S'il me semble aussi ambitieux que le tome 2, son seul souci est sa farouche volonté à vouloir démultiplier les récits, à un tel point qu'on se retrouve perdus sous 10 histoires différentes (ce qu'avait un peu fait Stigmate, aussi). On est capable de lire un morceau de récit de Untel, puis de passer à autre chose, et de revoir les récits de Untel 40 pages plus tard.
Après, impossible de passer sous silence les longueurs. Parfois, on aimerait pouvoir tourner les pages plus vite, car des passages entiers sont étirés ; pendant 5 ou 10 pages il peut ne rien se passer à part un personnage qui se lamente dans son coin, et c'est fort dommage.
La forme est un peu chaotique, il faut le reconnaître. Mais le livre se lit sans problème. La lecture est plutôt facile ; la langue est belle malgré les faits sordides qui sont relatés.
Car oui, ce tome 3 contient tout autant de choses sordides ; il aborde des questions de terrorisme moderne (sans que ce ne soit explicitement écrit avec des mots), et on a un grand pan sur Kurtz qui est révélé, ainsi que son Grand-Oeuvre auquel il fait souvent référence dans les précédents tomes. Une sorte d'accomplissement, en somme.
Bref, une nouvelle pierre à l'édifice, qui laisse un peu plus sceptique quand à son efficacité. On apprend un peu plus de choses sur les plans de Kurtz, sur sa façon d'être, et cette fois, le personnage principal ne meurt pas. Si si, je vous assure.