Récit dans la douleur, point par point, du parcours du combattant d'un acteur médiatique, mais néanmoins anonyme au regard de la médecine et sous-diagnostiqué des années durant pour sa santé mentale. Sur un mode presque confessionnel, le journaliste tombe le masque pour faire ce qu'il a toujours fait : oeuvre de salubrité publique.
Avec méthode, il détaille les symptômes de cette maladie si prompte à tromper son patient, en le laissant croire en une rémission quand chaque élan de bonheur est en fait annonciateur d'une phase dépressive. Les errances médicales, prises en charge psychologiques, chimiques, plus ou moins toxiques, faute de sensibilisation, tant publique que clinique. Tout le temps perdu à chercher le bon accompagnement, ce livre vise à le combler : pour que les traitements adéquats soient trouvés sans attendre. Car en matière de santé mentale, le patient devrait toujours être le premier consulté.
Je suis malade mental et j’exerce un métier public, la radio, où il me faut parler quand parfois je préférerais me taire, et le faire de plus avec entrain, en masquant mon désespoir par égard pour les millions d’auditeurs qui m’écoutent et les dizaines que je croise dans la rue et qui me remercient pour ces émissions. Combien de fois ces visages, ces mots bienveillants m’ont donné envie de me confier, de dire la vérité, avant de me ressaisir, de peur d’effrayer ou, pire, de tromper la confiance qui m’était manifestée. Peut-on croire un journaliste malade mental ?