Jean Giraudoux fait un peu ici du Ionesco avant l'heure. Dans un cadre apparemment surréaliste, Isabelle, institutrice d'une petite commune rurale, a des rendez-vous quotidiens avec un spectre, et tient dur comme fer pouvoir communiquer avec les morts, et tirer de grandes leçons sur cette expérience, ce qui la rend gracieusement énigmatique. L'incompréhension grossit au village, qui s'emballe. La chasse au spectre et au surnaturel commence.
L'intrigue explique les apparitions du spectre, de manière quelque peu prosaïque, et même plutôt dramatique pour ce dernier.
La pièce est lardée de petites réflexions sur les places respectives de la religion et de la laïcité, sur les orientations de l'enseignement, tout cela avec un humour décalé qui borde une ambiance générale doucement comique.
Cette oeuvre est assez agréable, assez drôle, et fleure bon la IIIème République. Voilà de quoi passer un bon moment.