J'ai passionnément aimé le Michon des "Vies minuscules", sa violence faulknérienne, la puissance de ses images. J'ai aimé ses récits, certains plus, d'autres moins, mais toujours, car oui, la phrase parfaite s'y trouvait encore. J'ai un peu tiqué à la lecture de la "Petite Beune" qui m'a semblé constituer une très dispensable suite de ce texte envoûtant qu'est la "Grande Beune", avec une clausule déjà placée sous le signe de la baise au masculin. Et là... Je l'avoue sans honte, je n'ai fait que feuilleter ce pompeux "J'écris l'Illiade", tant j'ai été confondu par le cabotinage qui émane de ce fatras érotimythicotobiographique. Faute d'autres candidats au poste (ou faute de les entendre), Pierrot le fou est devenu notre Grantécrivain national. Macron, contrefaisant Mitterrand, le reçoit à l'Élysée. Des paraphraseurs appointés par l'État lui consacrent leurs habituels colloques, journées d'études et autres gentilles fumisteries. On sollicite la présence du Maître à la radio où sa fantaisie et sa voix douce font merveille. De temps en temps, le Maître vend un manuscrit à un "collectionneur". Tant mieux, tant mieux pour cette tardive reconnaissance ! Mais ce voyage sous la ceinture (au passé), la braguette ouverte, ne me fait plus désirer, en tant que lecteur, le prochain opus. Et j'en suis un peu chagrin.