Lire Carrisi, c’est l’assurance de plonger dans les méandres de la psychologie humaine, qu’il décortique, tout en nous mettant face à la réalité d’un quotidien, bien trop sombre.
J’ai été surprise par le choix de la construction des personnages, car sans jamais les nommer, l’auteur arrive à immerger le lecteur à leurs côtés. Certains, n’ont pas de prénom et même si cela semble étrange, c’est certainement ce qui donne au récit une dimension bien particulière, touchant à l’universalité des situations.
Cette construction particulière, permet à l’auteur de jouer sur la complexité de l’être humain, tiraillé entre d’un côté la part sombre, détruisant toute humanité en nous et de l’autre, la part lumineuse, qui se reflète ici en chaque personnage, même le pire d’entre eux.
En explorant les poubelles, l’homme qui nettoie, connaitra ses victimes sur le bout des doigts, la chasseuse de mouches, tente d’aider les femmes victimes de violences, en les aidant à fuir, la jeune fille à la mèche violette veut fuir ce monde dans lequel elle se sent menacée, prise au piège d’une histoire inextricable. Trois personnages dont les destins s’imbriquent merveilleusement, grâce au talent narrateur de l’auteur.
Carrisi, arrive à nous démontrer que notre histoire, notre vécu, peut conditionner ou non, notre avenir et nous actes. Le cheminement, la construction, comme la déconstruction font de nous ce que nous sommes, malgré la part d’innée.
Et c’est franchement intelligent ! Le fait de ne pas nommer les personnages aurait pu créer une distance, mais c’est sans compter sur le talent de Donato Carrisi, qui arrive à nous entrainer au fond de l’abysse, qui se trouve en chacun d’entre nous.
J’ai été bluffée et j’ai adoré ! Donato Carrisi arrive à se renouveler, tout en gardant un plume ciselée et un traitement psychologique épatant !
Un livre dérangeant aux accents bien réels.
Dédicace spéciale pour la traduction remarquable de Anaïs Bouteille-Bokobza qui retranscrit avec talent les mots de l’auteur et sans sans la qualité de traduction nous n’aurions pas la possibilité de faire de belles lectures.
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