Romancier éprouvé, dont le chef d'oeuvre demeure à mes yeux le superbe et ténébreux "Tribunal des âmes", toujours en quête des abîmes de la psychologie humaine, Donato Carrisi n'avait jusqu'ici pas convaincu par ses premières adaptations cinématographiques. Or, après avoir lu puis vu "Je suis l'abysse", je peux enfin faire le constat que le cinéaste égale le romancier, voire même, le surpasse. Le malaise qui est prégnant dans les pages du roman est transposé avec force et constance dans ces séquences qui nous confrontent à des personnages qui ont tous leur part d'eaux troubles, bien plus que celles du splendide lac de Come, au fond de l'âme... Et au fil de ces séquences le spectateur est installé en position de témoin ou voyeur... - j'hésite... - des méandres et turpitudes de l'âme humaine, promené jusqu'aux limites du malaise dans ce maelström turbide, jusqu'au constat que les plus - et réels - coupables ne sont pas ceux que la réalité clinique désigne... Malaisantes mais vertigineusement fortes et habiles, les mises en scène et en images sont une grande réussite qui laisse le souffle du spectateur court durant deux heures. Pas de doute, le cinéaste égale - voire dépasse ! - désormais le romancier !