Avant d'être écrivain, critique de cinéma et palme d'or à Cannes avec "Entre Les Murs" – adaptation de son roman éponyme – François Bégaudeau était, dans les années 90, chanteur dans un obscur groupe punk-rock que j'adulais : Zabriskie Point. Ce groupe ayant bercé mon adolescence, et l'alchimie du temps qui passe et de la nostalgie étant ce qu'elle est, je garde pour lui une dévotion sans nom et je suis sa carrière avec un intérêt tout particulier.
Pourtant, même si on retrouve dans "Jouer Juste" – son premier roman paru en 2003 – les caractéristiques de l'écriture de Bégaudeau qui faisait des Zab un groupe singulier que je portais aux nues, sa lecture, je dois bien l'avouer, m'a été pénible. Le concept particulier de ce roman (un long monologue – 92 pages – d'un entraîneur de foot à son équipe lors de la mi-temps d'un match), constitué de longues phrases parfois interminables (plusieurs pages), avec une ponctuation quasi inexistante, en font un livre difficile à lire ; en tout cas, moi, je l'ai trouvé difficile à lire, éreintant.
Mais ne te mine pas inutilement François, cela ne remet nullement en cause la déférence que j'ai à ton égard : on pardonne tout à un amour de jeunesse.