Il y a de ça en un royaume fort fort lointain... Non, non je ne vais pas faire plus référencé en citant Shrek mais j'aurais pu. Surtout avec un livre qui ne fait qu'énumérer lieux communs, références et... Chansons de Radiohead. Ah oui, tiens. C'est original. Donc plutôt qu'en un royaume pas si éloigné que ça dans le temps, lieu sacré de l'adolescence, remontons à la période où j'étais fan d'Amélie Nothomb. Il faut de tout pour faire un monde vous savez et je collectionnais ses livres comme d'autres collectionnent les timbres et les petites majorettes (c'est bien les majorettes. Les petites roues, cette douce peinture chromée qui brille à la lumière... Bon, j'en ai pas, plus). Le clou fut de rencontrer l'auteur en dédicace et de repartir tout joyeux avec sa petite signature précieuse à l'entrée de mon Robert des noms propres.


Et puis un jour, voilà que je m'éloigne de l'oeuvre d'Amélie.


Le temps a passé, j'ai ressorti des livres avec une soif jamais véritablement éteinte de lire, encore et encore. Une envie surtout de redécouvrir, de re-explorer des classiques aussi variés que Le petit prince, 1984, La peur, Le Horla, plein de nouvelles de Maupassant et... 2,3 livres d'Amélie Nothomb, tiens. Une interview récente de cette dernière fait encore plus pencher la balance et c'est donc avec une curiosité renouvelée que je me penche sur Journal d'hirondelle et Biographie de la faim.


Constat en demi-teinte.
Biographie de la faim s'avère un passage fondamental dans la Améliethologie (ou Mythologie Nothombienne) puisqu'on revient sur des passages connus de sa vie (et racontés plus en détails dans les très bons Métaphysique des tubes ou Le sabotage amoureux) tout en en découvrant d'autres (surprise : notre écrivain a aussi eu une adolescence) pour au final donner un livre plus intéressant que je ne l'avais eu par le passé. Bien sûr on sent que ça tourne un peu en rond, qu'il y a un peu de moments de vide mais dans le même temps des portes sont ouvertes pour d'autres pans de sa vie, d'autres romans et là ça intrigue positivement d'autant plus. Bref, ce roman me donne envie de continuer à lire d'autre Nothomb (tout comme Ni d'Eve ni d'Adam dont j'avais adoré l'adaptation filmée Tokyo Fiancée)...


... Ce qui n'était hélas nullement le cas ici.


Je vais la faire courte, on navigue parfois entre humour noir et décalé (ça c'est bien) et incohérences diverses et variées (est-ce que l'auteur s'est renseigné sur les tueurs à gages un instant ? On finit par se poser la question), le tout enrobé de citations multiples de Radiohead qui finissent plus par lasser qu'autre chose (le personnage principal ne respire et ne vit que porté par la musique du groupe à Thom Yorke. Passé cela, n'espérez pas d'évolution, pas d'ouverture possible alors que dans la vie --et la littérature, oui c'est la vie bordel-- les gens évoluent, se modifient, changent. Ici l'impression constante que tout finit par faire du surplace au final).


On à l'impression d'une opération de promotion déguisée avec en fond sonore régulier Packt like sardines in a crushd tin box et autres Everything in its right place. Même quand on aime Radiohead ou les sardines, l'addition reste salée. Ou bien les sardines. Ou Radiohead, je sais plus. M'enfin Amélie, on peut aimer Radiohead mais dans ce cas là, autant leur dédier tout un livre. Ah, c'est celui-ci ? Je croyais qu'on parlait d'un tueur qui s'amourachait de sa victime (sujet déjà bien banalisé il faut dire) et que cela finissait par le perdre...


Je relativise, la fin ironique relève le niveau (et surprend agréablement) mais trop tard le livre est déjà fini. Tant pis. Peut-être faudrait-il arrêter de livrer une production annuelle de livres et réfléchir et prendre plus de recul là dessus pour livrer un livre tous les deux ans quitte à le polir au maximum afin que son silex nous vise cette fois plus directement en plein coeur ?

Nio_Lynes
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le 7 sept. 2017

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