Je ne suis pas journaliste. Pourtant, dès les premières pages, j'ai reconnu ce monde-là, ces reportages sur la neige en Haute-Loire, le retraité qu'on pousse à pelleter devant la caméra, les champignons qu'on dispose soi-même au pied des arbres pour que ça fasse plus vrai. Le "13 heures" de TF1 comme miroir déformant d'une France qui n'existe plus vraiment, mais qu'on continue de fabriquer en région, saison après saison.
Michaël Clément a écrit un roman sur cette mécanique-là : cette information du vide, rentable et rassurante, qui gave des millions de téléspectateurs depuis trente ans avec du beau temps en été et de la neige en hiver. C'est drôle, précis, documentaire. Et derrière la satire il y a une vraie question : à quoi sert-on, quand on passe sa vie à raconter des histoires que tout le monde sait fausses et que personne ne veut changer ?
La galerie de personnages est redoutable, les scènes de terrain sont jubilatoires, et la fin arrive comme un coup de volant qu'on n'attendait pas.
Un premier roman qui sent le vécu. Pas si courant.