Au cours de ces dix dernières années, je vis plus ou moins dans la hantise d'être déçue par les personnes que j'estime et qui dans un sens m'ont sauvé la vie. C'est le cas pour Murakami Ryû, dont la lecture des oeuvres a changé ma vision des choses et a transformé l'adolescente perturbée que j'étais.
Deuxième.
C'est la deuxième fois que je suis déçue. 1969 a été un grand bouleversement, d'une fadeur extrême et d'un intérêt plus que limité (il m'a fallu plus de 6 mois pour réussir à le terminer), Kyoko est la goutte de trop, la bière sans alcool, la mayonnaise allégée dans mes frites dégoulinant l'huile.
"J'ai voulu écrire un livre sans sexe, sans violence et sans drogue".
En même temps, je ne peux pas dire que je n'ai pas été prévenue.
Mais merde toute la saleté poisseuse mais poétique, la noirceur abyssale de l'être humain, c'est ça la patte Ryû, pourquoi s'essayer à un autre registre ?
Bref, il en faut pour tous, c'est sûrement pour ça que sur mon lieu de travail, j'ai trouvé le dit ouvrage en classification jeunesse.
D'accord, on retrouve toujours la plume de qualité de l'auteur, un système de narration filée, similaire au fabuleux "Lignes" mais l'histoire est d'une niaiserie sans nom, je n'ai pas vu la beauté ni l'espoir, juste du procédé larmoyant facile, faut arrêter de déconner, on n'est pas dans un drame français.
Cependant, ça reste du Murakami, je ne pourrais, j'espère, jamais aller en dessous de 5.
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