En 2013, « Violette » sortait au cinéma. Un film retraçant la vie d’une inconnue de la littérature : Violette Leduc. C’est la puissance des quelques passages de ses écrits, lus en voix off, qui donne l’envie de se plonger dans ses livres. Au début du film, Violette suit Simone de Beauvoir à laquelle elle donne son tout premier livre. C’est elle qui la publiera. L’une connait le succès immédiat, l’autre, plus tardivement, dans l’ombre. Pourtant, Violette crie très fort dans ses livres : ses colères et ses désirs. Enfin, son désir surtout, qu’elle livre dans « L’affamée ». Celui de Simone de Beauvoir dont les retours et les rares dîners, qu’elle partage avec elle, sont «l’évènement », qu’elle tente de maintenir le plus longtemps possible dans l’étouffement et la solitude extrêmement bien retranscrits de son « réduit ». Deux termes qui illustrent à eux-seuls la force de l’écriture de Violette : trouver le mot juste. Toutes ses sensations fugaces mais aussi tenaces sont transmises avec une justesse de la précision et de l’acharnement. De l’entêtement et de la folie du désir surtout. Violette n’aime pas seulement, elle tente aussi de comprendre les changements, les détails, les instants de vide entre ses rencontres avec Simone et ses déambulations. Elle finit par nous donner à voir la grâce d’aimer et d’écrire en silence, les cris que sa rage lui fait jeter pourtant sur un papier qu’elle envahi de sa plume unique, dévastée et décapante. Une introspection lucide et enivrante.