L'Amant, publié en 1984, s'inscrit dans l’histoire coloniale de l’Indochine française dans les années 1930. Duras y explore les dynamiques de pouvoir entre les colons français et la population locale en racontant l'amour passionnel qu'elle a eu pour un homme, rencontré par hasard dans un bac sur le Mékong. À travers la relation entre une jeune fille française et un homme chinois riche, l'œuvre montre les tensions raciales.
L'héroïne, jeune et vulnérable, utilise son corps pour exercer un certain pouvoir dans une relation marquée par des différences d'âge, de genre, et de classe. En racontant son histoire des décennies plus tard, elle transforme son expérience intime en un récit littéraire, revendiquant ainsi sa voix et son autonomie.
Dans son livre Duras se libère d'un poids immense, elle se confie, elle raconte son histoire, ici son adolescence, ce qui ne fait que mieux résonner en nous. elle exprime le tumulte intérieur de sa jeune adolescence avec une clarté impressionnante mais aussi avec le recul que lui procure les souvenirs polis par les ans.
Tout se passe comme dans un songe avec ses périodes de rêves et de cauchemars. Il y l'enfer familial dans lequel on ne parle pas, dans lequel on méprise, un frère malveillant et manipulateur, une mère gagnée par la folie, et il y a le deuil de l'enfance, de l'innocence, la découverte de la liberté.
Le roman invite à explorer des thèmes variés tels que le colonialisme, la mémoire, la construction du genre, et les relations familiales.
L’emploi de la première personne donne une dimension autobiographique. Duras joue également avec le temps narratif, alternant entre passé et présent, pour refléter la manière dont les souvenirs émergent et s’emmêlent.
L'atmosphère est riche d'émotion, de mystère et aussi de nostalgie.