Je sors hélas déçue de cette lecture qui contraste fortement avec les très bons souvenirs que m'ont laissés "Le testament français" et "L'archipel d'une autre vie" du même auteur.
Bien que court, ce récit d'amitié ne m'a pas transportée en Sibérie au début des années 70, en tout cas pas autant que je l'avais espéré. Autobiographique, ce roman relate l'amitié entre Vardan, un jeune orphelin vivant dans la communauté arménienne installée de manière très précaire aux portes d'une prison dans laquelle plusieurs des siens sont enfermés, et Andreï Makine. Les deux protagonistes de 13 ans sont liés par leur éducation à l'orphelinat et par le besoin de s'unir pour être plus forts face à l'adversité d'une vie âpre, à l'horizon sombre.
Je pense que c'est moins le fond que la forme qui m'a désenchantée. Le verbe se fait ici lyrique et académique - rappelons que son auteur est un Immortel. J'estime et je respecte énormément le parcours d'Andreï Makine mais, ici, la magie n'a pas pris.