Après avoir lu la blessure la vraie je voulais lire celui là vu qu'il était court mais je trouvais le prix un peu abusé et puis la blessure la vraie n'était pas plus que très chouette donc je ne l'ai pas fais. Mais Noé jacomet à dit un truc (que j'ai oublié entre temps) qui m'a redonné envie de le lire. Et j'ai eu beau le lire en bus dans des conditions peu oufs, j'ai pleuré.
Au début j'étais presque à m'ennuyer, j'avais du mal à suivre ce qui se passait avec tous ses changements de temporalité qui s'enchaînent, ses remarques un peu "orales" et surtout l'aspect un peu lacunaire, tout s'enchaine super vite, des trucs complètement random sont plus mit en avant que les événements importants (genre la grossesse, ils se demandent juste comment trouver de la place dans l'appart, aucune description de leur réaction ou de la naissance) c'est franchement assez perturbant au début, ça n'aide pas du tout à se faire aux personnages (surtout jacques). Mais au final tout prend son sens au fur et à mesure.
Déjà voir ces années à toute vitesse, quand ils commencent à être vieux et malade ça fait quelque chose, ya plein d'éléments attendrissant qui permettent de construire une personnalité au couple au fur et à mesure.
Mais surtout, en fait je ne sais pas ce qui m'a tant ému. Dans l'interview avec Noé Begaudeau disait qu'il préférait les auteurs qui économisent les mots, quand il y a de l'opacité. Je pense que j'ai sentis ça dans le livre. Si la phrase du dernier paragraphe "ils s'accompagnaient, c'était sa compagne, c'était son compagnon" (un truc comme ça) m'a fait pleuré, en fait je pleurais déjà avant sans que se soit lié à une phrase ou un passage particulièrement bien écrit, il y a eu le passage ou Jeanne "dit" à Jacques que c'était faux avec l'assureur mais même avant ça je pleurais déjà.
Alors ok, être centré sur ce couple m'a fait pensé à la porte de Soseki et réactivé l'émotion associée, ok, connaissant une jeanne j'ai projeté son image dans le livre et l'imaginer vieillir m'a fait quelque chose mais ce n'est pas l'origine.
Il y aussi plusieurs moments d'humour chouettes (jacques qui prend au premier degré des expressions pour finir par faire une blague du même genre), les piques que se renvoient jacques et jeannes, la question de l'ordre des noms quand on parle d'eux qui a déjà été un vrai débat dans ma famille mais je ne crois même pas que ça participe tant de mon appréciation ou de l'émotion.
En fait je ne dirais même pas que c'est un grand livre, il n'est pas imposant, pas ostentoirement magnifique mais ça doit être ça qui m'a émeu, comme m'émeuve certains documentaires, juste la banalité (de l'amour dans ce cas), pas d'artifice supplémentaire. Finalement ça me refait boucler sur l'insoutenable légèreté de l'être qui m'avait marqué au début de mon parcours de lecteur pour cette même raison