5
le 26 nov. 2020
Suivrerien à dire.
Hmmmmmm. Plus le temps passe et moins je crois avoir aimé l'Anomalie. La faute sans aucun doute à une fin qui semble s'achever plus parce qu'il n'y avait plus rien à dire qu'autre chose, dans une...
L’Anomalie est un roman qui impressionne d’abord par son idée. Un vol Paris–New York se reproduit à l’identique, avec les mêmes passagers, quelques mois plus tard. Deux versions du monde se superposent, obligeant chacun à faire face à une question vertigineuse : que faire de soi quand on se retrouve face à soi-même ?
Le livre séduit par son intelligence formelle. Hervé Le Tellier orchestre une construction maîtrisée, alternant points de vue, registres, styles, et références mathématiques, philosophiques ou littéraires. Le dispositif est solide, ludique, parfois brillant. On sent le plaisir de l’auteur à jouer avec les formes, à faire dialoguer la littérature et les sciences, à déplacer les attentes du lecteur.
Mais à mesure que le roman avance, une autre impression s’installe : celle d’un texte qui observe plus qu’il n’habite. Les personnages, nombreux et variés, sont souvent définis par leur fonction narrative ou symbolique plus que par une véritable épaisseur intérieure. Ils incarnent des hypothèses existentielles, des réactions possibles face à l’absurde, plutôt que des êtres profondément incarnés.
C’est là que L’Anomalie révèle sa limite principale. Le livre pose des questions fascinantes — identité, libre arbitre, duplicité, responsabilité — mais il les traite souvent sur un mode conceptuel, parfois au détriment de l’émotion. Le vertige intellectuel est réel, mais l’attachement affectif reste inégal. Certaines trajectoires touchent juste, d’autres semblent rester à distance, comme si le roman refusait de s’abandonner complètement à ce qu’il met en jeu.
Le style, volontairement neutre et maîtrisé, sert l’ensemble mais renforce aussi cette impression de froideur calculée. On admire l’architecture, on respecte l’intelligence, mais on ne tremble pas toujours. Le roman préfère la démonstration élégante à l’expérience viscérale.
Cela n’enlève rien à l’ambition ni à la réussite globale du projet. L’Anomalie est un livre important, stimulant, qui rappelle que la littérature peut encore surprendre par ses formes et ses idées. Mais il laisse aussi le sentiment qu’il aurait pu aller plus loin s’il avait accepté de perdre un peu de contrôle.
Un roman brillant et stimulant, plus marquant par ce qu’il fait penser que par ce qu’il fait ressentir.
Créée
le 19 déc. 2025
Critique lue 5 fois
5
le 26 nov. 2020
SuivreHmmmmmm. Plus le temps passe et moins je crois avoir aimé l'Anomalie. La faute sans aucun doute à une fin qui semble s'achever plus parce qu'il n'y avait plus rien à dire qu'autre chose, dans une...
3
le 14 déc. 2020
Suivre...Et la ressemblance n'est pas seulement spéculative, puisque le pitch du livre est très proche de celui de la série américaine Manifest sortie en 2018 (lien Wiki...
4
le 9 nov. 2020
SuivreD'accord, l'auteur a du talent. Comme il l'ecrit vers la fin du livre, il a commencé comme Mickey Spillane et cite "si par une nuit d'hiver un voyageur". Le problème c'est ce coté "si par une...
8
le 19 déc. 2025
SuivreL’Anomalie est un roman qui impressionne d’abord par son idée. Un vol Paris–New York se reproduit à l’identique, avec les mêmes passagers, quelques mois plus tard. Deux versions du monde se...
7
le 19 déc. 2025
SuivreCe que nous devînmes raconte l’histoire d’Éloi, employé de grande surface, figure ordinaire d’un monde qui ne l’est plus. Pris dans la mécanique répétitive du travail, des horaires, des injonctions...
8
le 19 déc. 2025
SuivreEllipses est un recueil qui porte remarquablement bien son titre. Audrey Pleynet y travaille la science-fiction non comme un exercice d’accumulation d’idées futuristes, mais comme un art du retrait :...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème