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le titre est parfait.
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à ces visages silencieux qui nous regardent, à ces regards indéchiffrables et d'une certaine façon, sereins, à cette sérénité légère, légèreté comme posée en équilibre sur le bord d'une fenêtre entre deux états : être ou ne plus être,
l'auteur appose un texte hirondelle qui file autour d'eux - mais qui file doucement - oiseau noir en partance pour la grande migration, celle qu'on ne fera qu'une fois.
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sans rien dire, ces visages nous harponnent par leur proximité, et, sitôt qu'on est harponné, ils infusent en nous leur humanité immédiate de vraies personnes;
le texte, pour les avoir longtemps regardés dans les yeux, a pris un air de famille, il les regarde comme ils nous regardent, il en a la coloration délicate, la carnation plus vive par moments, par petite touche; il leur est habitué.
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lire l'apostrophe muette, regarder ces gens, souvent émouvants, parfois beaux, incroyablement proches - on pourrait poser une main sur leur épaule, pourvu qu'elle fut légère - c'est rencontrer ceux-là qui furent, comme nous ( sans apprendre d'eux quoi que ce soit de dicible, mais avec la sensation déroutante qu'une conversation s'établit aussitôt, sans qu'il soit besoin d'entendre leurs mots, sans arguments, sans idées, sans faits ), et le texte respecte cette distance-présence, en parle familièrement avec retenue, ose avec prudence.
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Le livre est petit, mince, simple; il est beau.
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c'est un essai.