Tant d'images apparaissent naturellement en tête lorsqu'on parle de Cthulhu, tant de choses ont été dites sur la majestuosité de cette histoire, qu'il a été difficile pour moi de m'en détacher et d'avoir une lecture vierge d'a priori et d'attentes.
Tout d'abord, j'ai beaucoup aimé l'écriture, précieuse mais précise. C'est maniéré mais ça sert toujours une description implacable, et j'ai été prise par les évocations.
Néanmoins, on est plus sur une fresque, une vision qui prend forme, que sur une histoire. Je suis restée sur ma faim malgré l'énorme tension horrifique que Lovecraft arrive à créer, et c'est frustrant de finir sur cette note : comme si ça n'était qu'un premier chapitre d'une grande saga.
Je vais tenter de lire d'autres œuvres de Lovecraft en rapport avec Cthulhu mais j'ai l'impression qu'il n'aura jamais autant une place centrale que dans cette nouvelle (aiguillez moi si je me trompe).
Du coup, ça me fait l'effet de lire une très bonne pulp fiction, trop qualitative pour être dans ces magazines cheap, mais pas non plus le chef d'œuvre incroyable qu'on m'a vendu !
Le zouz est aussi très raciste, et c'est compliqué de faire abstraction de ça. Ça fleure parfois le bon classique de bro qui veut de l’adrénaline à balles sans trop se prendre le chou, tout en ayant, je l'accorde, des qualités littéraires indéniables. Et donc ça me chiffonne, cette intrigue en forme de coquille vide et ces relents un poil réactionnaire... parce que ça l'a fait, et je veux la suite.
L'appel de Cthulhu est vraiment une nouvelle saisissante sur la menace sourde de la catastrophe surnaturelle, dans un monde ordinaire, détaché de son destin cosmique. C'est déjà pas mal, mais ça n'est pas plus que ça !