Edouard Bonnefoy est sorti de prison en 2006, à l'issue de sa cinquième incarcération. Il raconte son quotidien en prison, l'arrivée dans la cellule, toujours pendant la promenade des codétenus, les bruits, les odeurs, la vie qui continue à l'extérieur, le regard des parents, la honte, les bons moments. Et aussi la sortie : la liberté à réapprendre, les reproches muets du père, le frère jaloux, le fils qui a grandi sans lui et pour qui il est maintenant presque un étranger, la compagne qui l'a quitté pour un autre. Enfin, plusieurs années après la sortie, la vie qui reprend ses droits tant bien que mal, avec toujours la tentation de faire un pas de côté…
J'ai été un peu déstabilisée au début par le glissement fréquent du « il » au « je », puis retour au « il » et ainsi de suite. Ayant finalement décidé de ne pas m'en préoccuper et de me laisser porter par le texte, j'ai aimé ce roman pour le regard « de l'intérieur » porté sur la prison. Certaines idées m'ont interpelée, par exemple le fait qu'un détenu qui sort de prison doit fournir un gros effort pour se réadapter à la vie civile. (Edouard n'est plus habitué à voir défiler le paysage depuis une voiture.) A l'intérieur de la prison, la vie s'arrête, mais dehors, pour la famille, elle continue. A travers le personnage d'Edouard, Didier Castino montre la difficulté pour un ancien détenu de ne pas replonger. Est-il vraiment possible de mener une vie honnête quand beaucoup de portes vous sont fermées du fait de votre passé ?
Malgré le petit bémol du changement de point de vue que je n'ai pas vraiment compris, L'application des peines est un excellent roman car il incite à voir le monde carcéral autrement.
#LApplicationdespeines #NetGalleyFrance
Je remercie Netgalley et les éditions Les Avrils pour le service presse.