Finky a de nouveau sorti son colt anti-billevesée, le barillet plein de balles en pur réactionium moulées à l'exaspération.
Le principal désagrément d'avoir eu une longue vie intellectuelle est d'avoir vécu l'emballement du balancier des idées que l'on portait. Finkielkraut n'a pas bougé, c'est l'environnement qui s'est déplacé, avec des excès parodiques qui stratifient d'étonnement l'esprit raisonnable. Dans sa fureur critique et dénonciatrice, Finky vient rétablir l'équilibre et nous annoncer l'heure exacte.
A force d'interdit, de renoncement, de censure et d'autocensure, une littérature digne de ce nom sera-t-elle encore possible ou basculons-nous irrémédiablement dans l'après littérature, ou sa mise au pas l'aura rendue si inapte que son existence même n'aura plus le moindre intérêt.
Néo-féminisme, anti-racisme dévoyé, écologisme de la laideur, les nouvelles filières du délire et de l'injonction viennent torturer notre philosophe dans des proportions si amples qu'il ne put s’empêcher d'en dresser le constat dans un livre.
Un livre formidable, à la hauteur du penseur, qui voit sa tête prise dans l'étau de l'époque, se débattre et affirmer ce que le bon sens n'a jamais oublié.
Notre Finkielkraut de réconfort, l'homme qui vient ôter la couette sur notre dubitativité assoupie avant de nous mettre un grand coup de pied pour mieux nous éveiller.
Pour conclure, un grand passage en revue des hallucinations politiques et sociétales du moment que Finkielkraut se fait fort de traiter par quelques neuroleptiques lexicaux.
Qu'est exactement l'après littérature, l'abandon progressif chez les nouveaux accapareurs de paroles d'une culture littéraire classique ou l'impossibilité de sa pérennité après que les nouveaux prêtres en auraient revu le cadre et les obligations. A l'appréciation du lecteur !
Samuel d'Halescourt