Un enfant qui disparaît n’a rien d’original comme prémisse romanesque. En revanche, qu’un petit garçon s’évapore littéralement dans un ascenseur, entre le rez-de-chaussée et le cinquième étage, voilà qui sort davantage de l’ordinaire. Tous les locataires de cet immeuble HLM présentent des physionomies de suspects plausibles. Et force est de constater que, dans cette affaire, les menteurs abondent.
Dès les premières pages, Jacques Expert met en place un compte à rebours implacable. La commissaire Jeanne Péroni et la capitaine Pauline Brézulier, duo d’enquêtrices complices, savent que, dans les disparitions d’enfants, les premières heures sont décisives.
Au fil des étages, l’auteur ausculte chaque foyer, mettant au jour failles intimes, petits mensonges, secrets enfouis et rancœurs tenaces. Personne n’est innocent ; chacun semble nourrir une raison de détester, ou d’aimer excessivement, ce petit garçon. Les soupçons tournent, les certitudes vacillent et le suspect change à chaque palier.
Le thème de la disparition d’un enfant dans un contexte familial tendu est récurrent dans le thriller psychologique domestique. S’il touche à coup sûr la corde émotionnelle, il confère à l’intrigue un caractère quelque peu convenu. D’autant que l’on n’y trouve guère de recherche stylistique ni d’originalité narrative. L’ensemble se révèle efficace, mais guère renversant.
Quant au dénouement, je vous laisse juge ; pour ma part, j’y ai ressenti une certaine déception, tant ce motif a déjà été largement exploité.