« Les slips tuent !» titre le canard du coin. Une tribune choc aux effets potentiellement destructeurs pour l’industrie du sous-vêtement. Heureusement pour elle, l’effort de débunkage est ici quasi nul : le monde entier reconnaît le caractère inoffensif du slip, hormis pour le sex-appeal des hommes dans le cas du kangourou. Nulle inquiétude à avoir, donc.
Prenez maintenant le cas de ce pauvre candidat dont un journal révèle la pulsion sadique de tirer la queue des chiens en pleine rue. L’infox est ici pernicieuse ; elle parait vraisemblable pour peu que l’on déteste la personne ciblée, ou que l’on fasse de la défense des droits des animaux son cheval de bataille.
L’infox se répand alors comme une traînée de poudre, ou plutôt un virus dont ignore l’identité du patient zéro. Pour stopper sa prolifération, il devient nécessaire de s’immuniser et adopter des gestes barrières, et ce dès le plus jeune âge.
C’est là que L’attaque des slips tueurs d’Élise Gravel intervient !
La scénariste et dessinatrice canadienne propose là une sorte de manuel de survie accessible au grand public. A l’intérieur : toutes les clés pour comprendre l’information, de sa naissance à sa diffusion. Élise Gravel explique également comment naît une infox, de quoi celle-ci se nourrit (très souvent de biais cognitifs) et quels intérêts elle sert. L’humour taquin dont l’auteure use dans son texte et la naïveté de son dessin fait de cette BD un solide support pédagogique pour les petits. Pour les grands, elle permettra de remettre leur pendule à l’heure du discernement. Une lecture comme une piqûre de rappel, salutaire en ces temps troublés.