Récompensé par le "prix du Meilleur polar – Éditions 2023" et porté par de très bonnes critiques, "L’eau rouge" arrive avec de vraies attentes. Sur le papier, tout est là : un crime, une petite ville croate, une enquête, et un contexte lourd de non-dits.
Mais très vite, le polar passe au second plan. L’enquête avance lentement, sans réelle tension, pendant que le roman se concentre surtout sur les fractures sociales, la corruption locale et les traces laissées par la guerre. Sur cet aspect, le livre est solide, le regard est juste, l’écriture maîtrisée.
En revanche, en tant que polar, ça ne fonctionne pas vraiment. Peu de suspense, pas de montée dramatique, une résolution qui laisse assez indifférente. L’enquête sert surtout de support au propos social, sans jamais devenir un moteur narratif.
Il y a donc un vrai décalage entre la promesse, la reconnaissance critique, et ce que le livre propose réellement. "Intéressant comme roman social", mais "frustrant si on attend un polar à part entière".