J'ai lu la nouvelle de "L'Elève" dans une édition 10/18 où elle est accompagnée de 2 autres nouvelles (La Motif dans le Tapis et La Bête dans la Jungle).
Le point commun entre ces trois nouvelles est d'avoir trois héros extrêmement PUDIQUES. Si vous trouvez les personnages de Downton Abbey coincés, ceux des nouvelles d'Henry James le sont 10 fois plus... et c'est justement leur pudeur anglaise qui va être la cause de leurs péripéties dans ces trois nouvelles qui se déroulent parmi l'aristocratie britannique vers 1900.
Dans l'ELEVE, on suit un percepteur qui s'attache à son élève mais qui n'ose pas réclamer ses gages auprès de la famille qui l'emploie et qui abuse de cette gentillesse.
Dans le MOTIF DANS LE TAPIS, le narrateur connait l'existence d'un secret littéraire mais il en ignore le contenu. Il ruine sa vie à essayer de percer ce mystère sans oser demander franchement de l'aide, par pudeur, aux personnes qu'il a pourtant déjà identifiées comme initiées à ce même secret.
Dans la BETE dans la JUNGLE, on atteint un summum de pudeur avec un héros dont la timidité le fait passer à côté du grand amour. Cela en est d'ailleurs risible voire agaçant. Le style est très alambiqué et la nouvelle contient surtout des analyses psychologiques tordues, il ne se passe pas grand chose. J'ai du relire certains passage pour être certain d'avoir bien compris ces monologues et dialogues tirés par les cheveux.
J'avais préféré "Portrait d'une femme" du même auteur. Ici la pudeur prend une place trop importante (elle est littéralement à chaque page). Il ne se passe pas grand chose dans ces récits, sauf peut-être dans L'ELEVE qui reste la meilleure des 3 nouvelles du recueil à mon avis.