Rithy Panh, aidé de Christophe Bataille, nous raconte ses entretiens avec un bourreau khmer rouge. Il alterne les récits de confrontation avec ses souvenirs d'enfant vivant l'oppression khmer.
En réalité, il fait l'inverse. Il nous raconte la réalité Khmer rouge, dure, cruelle et absurde. Il s'insurge contre la vision occidentale actuelle, et les procès que l'on n'a pas ou mal fait contre les Khmers rouges. D'où sa confrontation avec le bourreau, afin de rétablir la vérité sur cette période et sur qui étaient les Khmers rouges.
Sa vérité, sa vision d'enfant maltraité, qui continuent de le hanter bien des années après constitue le matériau de base du livre. Ce qu'il a vécu est très dur, on saisit parfaitement l'horreur de la chose, du point de vue moral comme des actes. Et on s'éloigne du portrait du bourreau, qui aurait pu donner lieu à un livre sur le visage du mal, sur la mentalité d'un monstre, ses mécanismes et sa logique, bref, quelque chose d'intéressant, pour se retrouver avec une critique du régime khmer rouge (qui était en effet horrible, mais on s'en doutait) et ce qui ressemble au final à un devoir de mémoire plus qu'à une recherche sur le mal.
En fait, j'ai été déçu, car j'en attendais autre chose. Oui, le régime Khmer rouge était horrible, non, on n'en parle pas assez. On est d'accord. L'intérêt de la confrontation avec le bourreau ? Attester sa version es faits, montrer qu'il a bien fait son devoir ? Un essai sur le régime khmer rouge aurait apporté les mêmes réponses que son livre. et c'est dommage.
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