Avec "l'été-machine", John Crowley cisèle avec délicatesse, dans une prose élégante, un conte post-apocalyptique sensible, empreint de nostalgie.
"Aucun résumé de l'intrigue ne saurait lui rendre justice, car elle s'ouvre comme une fleur mystérieuse", commentera Brian Aldiss, et il est vrai qu'on ressent à sa lecture sa fragilité lyrique. Cette façon de se révéler par fragment, presque avec pudeur, fascine par sa subtilité, et convient à merveille à cette histoire aigre-douce.
Crowley semble porter une affection profonde à ses personnages, notamment à Roseau Qui Parle, ce petit être attachant qu'on suit en quête de compréhension de son monde détruit. Cette empathie, qu'il sait nous communiquer avec douceur, atteint son paroxysme dans un final bouleversant et magistral.
Crowley a une façon crépusculaire, radicalement poétique, d'évoquer nos drames futurs, qui me séduit au plus au point. L'ombre de Bradbury plane dans ces pages, et c'est loin d'être un défaut...