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le 11 juil. 2017
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Ça fait mal et en même temps ça fait du bien. Mal car c'est toujours douloureux de perdre, surtout de perdre sa patrie livrée à l'étranger fanatique. Du bien car il possible d'être lucide en temps de...
Petite lecture dans un train, dans la foulée de ce qui constitue probablement la panthéonisation la plus légitime de l'ère Macron.
Désireux de comprendre les ressorts de l' "étrange défaite" qui parait avoir frappé la France comme un coup de tonnerre dans les récits qu'en livrent ceux qui l'ont vécue, je me réjouissais d'avoir sous la main un témoin de premier plan, qui en plus d'être le fondateur d'une école historiographique mondialement reconnue, était contemporain de l'évènement qu'il avait vécu dans sa chair.
Finalement, pas grand chose ne ressort de la lecture de court témoignage, sinon quelques anecdotes pleines de vies sur la désorganisation de l'état-major et le défaitisme d'une grande partie des cadres. Seulement, ce sont des conséquences plutôt que des causes de ce désastre qui reste inexplicable. Les quelques tentatives d'explication ne me paraissent pas bien convaincantes, d'autant qu'elles sont à peine esquissées, comme si Marc Bloch réflechissait en même temps qu'il écrit (ce qui n'est probablement pas loin de la réalité). Lui même reste globalement assez flou dans ses accusations, se contentant de laisser transparaitre brièvement ses positions de gauche sans vraiment parvenir (ni même tenter ) de les mobiliser au service d'une critique cohérente et systématique d'un régime en faillite. On s'attendait à plus de la part du père de l'école des Annales. Beau témoignage, mais pauvre enseignement, alors que beaucoup de politiciens mobilisent le nouveau saint républicain dans leurs combats idéologique.
Alors que beaucoup mènent en ce moment un combat visant à mieux contrôler les espaces d'expression, je voudrais plutôt leur rappeler cette citation du livre qu'ils prétendent avoir lu attentivement :
" Je ne crois pas qu’une opinion qui heurte la vérité mérite jamais qu’on évite de la contredire. Je pense, avec Pascal, que le zèle est étrange « qui s’irrite contre ceux qui accusent des fautes publiques, et non pas contre ceux qui les commettent »"
Créée
le 9 août 2026
Critique lue 5 fois
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