Incontournable Album Novembre 2025



C'est connu, à environ deux ans de vie, on est en pleine phase du "Non", que les anglos appellent "the terrible two". On fait pleins de blagues avec cette période où tout est prétexte à dire "non". Dans le développement de l'enfant, on parle de cette période comme une phase où on teste les limites des figures d'attachement et/ou d'autorité. Jusqu'à quel comportement ou quelle situation le "non" va-t-il fonctionner? Il est également lié au désir de l'enfant de prendre en indépendance, mais bon, à deux ans, répondre à tous ces besoins engendre surtout de la frustration. Néanmoins, gérer la frustration, nuance de la colère, est un apprentissage du registre émotionnel. Au début du livre donc, on traite de cette dimension, avec des enfants coupés dans leur élans exploratoires.



Bref, 'dire non", c'est normal dans le développement humain et il reste important en grandissant. Toutefois, si certains "non" sont primordiaux, d'autres sont injustes. Certains sont politiques et sociaux, comme durant la Révolution française, où les citoyens ont dit "non" à cette monarchie qui gaspille allégrement l'argent tandis que les citoyens ne mangent pas à leur faim ( pour ne pas dire ne mangent pas du tout). Il y a également les "non" des afro-descendants qui refusent le racisme et qui marquent également une lutte de Droit d'égalité.



Certains "non" sont justes: Non à L,esclavage, non à la guerre ou non à la pollution. L'inverse existe aussi, avec le "non à la liberté" , non à l'égalité. Après tout, le "non" dépend du sens qu'on lui prête et de la valeur qu'on veut défendre.



Reste que certains non sont liés à la préservation, donc de la sécurité. Il est normal que les parents posent des limites de comportements pour empêcher les enfants de se blesser. Il existe donc des "non" logiques, même s'ils sont source de tristesse ou de frustration. De même, on peut dire "non" pour éviter des risques de rejet sociaux.



Avec le "non" vient une autre un autre mot: "Pourquoi?" D'ailleurs, c'est la phase du 4 ans, juste après celle du deux ans. Questionner les refus, c'est chercher à comprendre les limites et comprendre les conséquences. Je me rappelle une époque où on châtiait ou refoulait les "pourquoi" des enfants, moult adultes pensant qu'ils n'avaient pas à contester leurs consignes. Cette logique a aussi été servie en politique aux populations. De nos jours, on veut des explications, qu'on soit l'enfant ou le citoyen. Non seulement cela apporte une cohérence à la consigne et permet à l,enfant de mieux comprendre les enjeux. Cela peut aussi avoir pour bénéfice de tempérer une émotion désagréable, comme la colère ou la tristesse. Surtout, ça peut permettre de ne pas poursuivre ou répéter le comportement, parce qu'il y a une réelle explication, pas juste un ordre donné sans motifs. De nos jours, en politique, on retrouve également cette idée de transparence sur les décisions, même si franchement, on a parfois l'impression

que les explications manquent de cohérence ou de logique. L'idée générale est que questionner les comportements et les décisions devrait être normal.



Au début de l'album, on y voit une petite intro où les "non" sont personnifiés par des créatures fabuleuses. J'y vois là l'expression de l'universalité du 'non", qui existe dans toutes les langues et a existé dans toutes les nations.



Donc, dans cet album à la fois comique mais engagé, on s'intéresse à la fonction du "Non" et donc à ses implications. Il peut aussi bien convenir aux plus jeunes lecteurs du premier cycle (6-7 ans) que les 2e et 3e cycles primaires ( 8-12 ans).



En CCQ, cours de citoyenneté et culture québécoise, le nouveau cours passe-partout qui couvre de la 1ere à la 6e année primaire, on peut couvrir les situations plus quotidienne avec les 6-7 ans pour explique l'importance des limites et leurs implications, tandis qu'avec les 8 à 12 ans, on peut tabler davantage les enjeux politiques, sociaux et juridiques.



Album au texte court, mais efficacement concis, truffé d'exemples et de situations ses en position, on fait un tour intéressant de la signification du "non". Bien que je ne suis pas fan du style très enfantin et peu coloré de Serge Bloch, les illustrations se prêtent bien au texte et adoucie un propos aux implications parfois lourdes, comme le "non" à l'égalité qui met en opposition un homme riche opulent à un homme pauvre et mendiant.



Bref, un excellent album à utiliser pour aborder des domaines telles que la philosophie, la sociologie et la psychologie dans les classes primaires, ou à la maison pour dédramatiser et expliquer l'un des mots les plus couramment utilisés quand on est tout jeune, mais qu'on semble a du mal à utiliser en grandissant.


D'ailleurs les livres sont une forte affirmation d'un "Non" important: Le "non à l'ignorance".


Pour un lectorat débutant à partir de 6-7 ans+* ( 8-9 ans pour la lecture en solo).

Créée

le 2 déc. 2025

Critique lue 21 fois

Shaynning

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