J'aime beaucoup le cinéma des Wachowski, malgré ces défauts... Pas jusqu'à en être un fan absolu, mais suffisement pour répondre à l'appel d'une promo sur ce livre et je ne suis pas déçu.

Difficile de résister quand on s’est déjà perdu dans les méandres de Matrix, mon coup de coeur de toujours que je partage avec mon père, ou encore Cloud Atlas mon film préféré... Des œuvres qui marquent, divisent, mais surtout laissent des traces.


C’est un livre d’analyse, oui, mais loin d’être un pavé indigeste. Au contraire, j’ai trouvé l’approche à la fois fine, documentée, mais surtout lisible. On ne cherche pas à faire le malin ici, on cherche à transmettre, à partager, à décortiquer sans enfermer. Et pour ça, franchement, chapeau aux trois auteurs (Julien Pavageau, Aurélien Noyer et Yoan Orszulik) qui ont su rendre tout ça fluide, même sur des sujets parfois complexes.


Ce que j’ai adoré, c’est cette organisation thématique. Pas de déroulé film après film, mais une sorte de découpage transversal qui vient puiser dans les obsessions, les symboles et les lignes de force du duo Wachowski. On y parle d’influences, de manifeste artistique, d’anti-manifeste politique, d’utopie queer, de spiritualité, de langage visuel, d’anti-héros... Et tout ça tient la route. Il y a de quoi cogiter, vraiment. J’ai souvent refermé le livre pour digérer une idée, me repasser une scène en tête, me dire que ouais... C’est vrai que ça, je l’avais pas vu comme ça. Et ça, c’est pour moi la marque d’un bon livre d’analyse.


Un point fort que je veux absolument souligner, car je suis reconnaissant du livre de me l'avoir appris, c'est la place accordée aux collaborateurs des Wachowski. Ce chapitre sur les liens, les amitiés créatives, les figures qui reviennent film après film, c’est pas seulement touchant, c’est essentiel. Ça montre bien que leur cinéma, aussi personnel et unique soit-il, est avant tout un art collectif. C’est là qu’on comprend que Cloud Atlas n’est pas qu’un film de SF perché, mais un pont, un lien, une continuation d’un dialogue artistique. C’est ce genre de mise en lumière qui m’a fait vibrer pendant la lecture.

Clairement, c'est l'histoire d'artistes de média différents qui se sont trouvés et connectés et ça m'a beaucoup touché!


Et puis, sans jamais tomber dans l’essai politique ou militant mal dégrossi, le livre pose des questions intéressantes. Il parle de cinéma social, de films qui résonnent avec le monde, qui tentent quelque chose. Il n’impose pas de grille de lecture idéologique et franchement, ça fait du bien. C’est bienveillant, intelligent et ça laisse de la place pour qu’on se fasse notre propre opinion.


Alors bien sûr, ce n’est pas parfait...

Déjà, faut s’accrocher un peu. Même si l’écriture est claire, il faut être un minimum familier avec l’univers des Wachowski pour tout apprécier. Si vous avez zappé Speed Racer ou que Jupiter vous a échappé, certains passages risquent de vous sembler un peu abstraits. Rien d’insurmontable, mais il faut être un minimum révisé.


Parlons aussi du manque de contextualisation historique ou critique.

On parle peu du succès ou de l’échec des films, du regard de la presse ou du public au moment de leur sortie. Je comprends le parti pris, et je le respecte, ça évite justement de tomber dans le banal résumé Wikipédia. Mais du coup, le livre semble parfois un peu déconnecté de la réalité de réception des œuvres, comme si l’analyse se faisait dans une bulle.

Je ne pense pas que ce soit que positif, de ne pas vouloir parler de la montagne d'echec qui ponctue la carrière des Wachowski.


Et puis oui, il y a des longueurs. Des redites. Parfois, on sent que certains concepts reviennent un peu trop souvent, comme si le livre voulait absolument marteler certaines idées. Ça ne m’a pas gêné plus que ça, je l’ai lu tranquillement, par petits bouts, le soir avant de dormir. Mais je comprends que pour un lecteur plus rapide, ça puisse alourdir la lecture.


En somme... C'est un ouvrage précieux pour quiconque s’intéresse au cinéma des Wachowski, ou même plus largement à la manière dont une œuvre peut tisser des liens entre l’art, le politique, le personnel et le collectif. C’est pas un livre parfait, mais il a du cœur, de la réflexion, et beaucoup de respect pour ses sujets.

Rien que pour ça, je le recommande très chaudement et j'irai m'intéressé au travail de ces auteurs!

KumaCreep
8
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le 24 avr. 2025

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KumaCreep

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