Ce Recueil se compose de 4 nouvelles dont la plus importante, l’Opéra de Shaya a reçu pas moins de 3 distinctions en 2015 : le prix Bob Morane dans la catégorie nouvelle, le Grand prix de l’imaginaire pour la meilleure nouvelle francophone et enfin le prix Rosny. Mais pourquoi un tel engouement me direz-vous, et bien parce que Sylvie Lainé sait retranscrire les émotions et nous faire toucher du doigt le cœur des choses.
Dans ses écrits l’auteur n’a de cesse de nous parler de nous et de notre rapport à l’autre. Ce qui est frappant dans ici c’est l’universalité des histoires racontées. So-Ann, une humaine en quête de sa Terre promise ouvre le recueil. Ce personnage ne trouve pas sa place sur les planètes qu’elle a visitées jusque-là se heurtant indéniablement aux regards versés sur les nouveaux migrants. En débarquant sur Flog6, elle comprend que ce nouvel éden ne se donnera qu’à ceux qui acceptent de se faire assimiler par des codes sociaux absurdes et contraignants. Pourtant à l’occasion d’une rencontre, elle entendra parler d’un monde, Shaya, où tout être vivant est le bienvenu même si sélectionné de manière drastique. Et So-Ann de s’embarquer dans cette énième quête d’un Paradis perdu. Dans cette nouvelle ce qui prime c’est la difficulté de comprendre ceux dont on ne possède pas les codes. Pas de jugement ici, mais juste l’imperméabilité de deux cultures. On retrouve cette thématique dans « un amour de sable » avec un autre éclairage : des scientifiques débarquent sur une planète constituée de sable multicolore. Au cours de leurs analyses, ils approchent le fait que ce sable a quelque chose de spécial sans se rendre compte qu’il n’est en fait qu’une seule et même conscience dont Sylvie Lainé nous fait entendre la voix. Si la rencontre a bien lieu pour le sable, l’être humain lui restera au seuil d’une belle découverte. Ce n’est pas le cas dans « Grenade au bord du ciel », où l’exploration d’un satellite artificiel sera vu comme une bénédiction pour les humains alors qu’ils ne renferment que malédictions pour ceux qui l’ont créé. Encore une fois tout n’est qu’une question de point de vue. Quant à la dernière nouvelle qui compose ce recueil, « petits arrangements intra-galactique » Sylvie Lainé nous dresse le portrait jubilatoire d’un monde aux créatures plus étranges les unes que les autres sur lequel un convoyeur de myrtille échoue et doit s’adapter en attendant une mission de sauvetage.
Vous l’aurez compris ce recueil est un univers à lui tout seul.